les publicitaires font souvent des pieds et des mains pour
créer des publicités qui accrochent et qui retiennent l'attention.
Des vedettes et des effets spéciaux sont au menu.
Et pourtant, tout cet argent est gaspillé.
2006 marque le vingtième anniversaire de Super Timor,
une pub de la Côte d'Ivoire qui n'a pas dû coûter bien cher
et qui - je vous le garantis! - retient l'attention. Flanqué d'un cinéaste
célèbre et d'un
sociologue de renommée mondiale (euh... dans ma tête), nous analysons
ce que beaucoup considèrent comme le sommet du monde en terme de communications.
Or donc... trève de grands mots...
Decortiquons Super
Timor. (On peut avoir une musique grandiose? Oui, ici... Non? Trop
cher? Ben zutre.)
Première partie: Mise en place des victimes protagonistes
Première image. Vue arrière d'une télé.
Première réflexion, pas vraiment productive: «Hein? Ils ont la télé en
Côte d'Ivoire?».
Ben, probablement, oui. Si on se donne la peine de
produire une pub à la télé, c'est probablement parce que il y a des
gens pour la voir. Question règlée, on en parle plus.
Bon, au moins la pièce est bien décorée. Oui. Pas
mal mieux que mon premier appartement. Mais je digresse, là.
La caméra se soulève pour dévoiler
nos trois héros.
Devant leur tronches épatantes, je m'en voudrais de ne pas leur trouver des
noms. Alors, disons Paul, John et George, pour la forme. J'aurais bien
dit Itchy et Scratchy (blague subtile), mais ça ne fait que deux. Tant
pis.
Audio: des moustiques. Non mais. C'est quand même une pub d'insecticide.
Narrateur (avec quand même un bel accent musical ivoirien): «Ne tuez
plus les moustiques avec des CLAQUES sur vos joues...»
les trois téléphages se donnent simultanément une
tape en plein visage.
...
Bon, je dis simultanément, c'est pour être
gentil, parce que le synchro, elle est absente.
Audio: «Bzzz..
Aïe!» (Je vous décris la chose comme telle. Arrêtez de chialer.)
Narrateur: «Des CLAQUES sur vos cuisses...» - Tape sur la cuisse (Ouilleouille-ouillle!)
«Des CLAQUES sur vos bras »
Bon vous avez saisi l'idée. Pas très high-tech, mais ça passe le message.
Moustique, claque, douleur. Si on avait donnée la parole à ces types,
ils se seraient exclamés: «Y doit y avoir une meilleure manière.» Ce
qui nous ammène à Ringo.
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Deuxième partie: The ultimate Ringo
Sorti
d'on ne sait vraiment pas où (si j'étais méchant,
je dirais du placard), Ringo débarque avec son costume-cravate et
sa bombe d'insecticide. Et quelle bombe! Woh, maman! Il doit bien en avoir
pour deux litres là-dedans. C'est pas une bonbonne, c'est la guèrre
bactériologique... Tassez les Irakiens, la Côte d'Ivoire arrive! Arghh!
Bon à ce moment Ringo se met à chanter:
«Super
Timor est encore plus FORT, avec sa nouvelle formule.
le temps de sentir l'odeur Super-TIMOR, les insectes sont déjâ morts!»
La classe, quoi. C'est pas Jean-Jacques Goldman qui aurait le talent de
pondre ça. Pfiou. Et puis Luc Plamondon, ben, on lui pète à la
gueule, quoi.
Parenthèse
(On dit souvent que les noirs ont le rythme dans le
sang. C'est probablement vrai mais on s'en fout. Parce que ben, ouais, ces
quatre-là,
il leur faudrait une transfusion et vite. Ils ont le rythme d'un moteur de Lada
'73 avec un cylindre foutu et de l'eau dans l'essence. Et la chorégraphie,
ben, je vous laisse juger.)
Fin de parenthèse
Narrateur: Super Timor, avec sa nouvelle formule... vraiment, vraiment
plus fort»
C'est compris? Plus fort! Man, comprenez, ce truc-là, ça
tue les insectes et les terroristes dans un rayon de vingt bornes!
Nos trois comparses en profitent pour claquers de mains, en dansant.
(Parce que vous savez, ils ont les mains libres maintenant. Non, arrêtez
de vous marrer, c'est concept. Bah. Vous ne connaissez rien à la pub. )
Fin en apothéose.
«Super Timor, je numéro UN!»
Superbe.
Si après ce message, l'auditeur n'a pas saisi le message,
ben, il a un problème... et un sérieux. Bibitte -> bonbonne ->
bonheur. Simple, non?
Marquant, hein? Quand je vous disais qu'on a pas besoin de millions pour
marquer l'imaginaire.