Un 6/49 pour ce soir?
LA question. Tu m’emmerde, chose. Il y a des jours comme ça où on ne peut pas acheter une caisse de bière un pain au dépanneur sans se faire poser LA question par la caissière.
Je lui fais mon air de beu le plus composé. Celui-là même qu’on compare à la gueule des morues dans le comptoir des fruits de mer. J’attend une bonne seconde en espérant qu’elle va comprendre d’elle-même. Peine perdue. Bah. Je laisse couler un «non-merci» entre mes lèvres.
Inutile de la punir avec ma tronche de décérébré plus longtemps. C’est probablement son gros schtroumpf de patron qui lui est arrivé avec son teint de homard «Y’a un gros gros-lot ce soir! Faudrait pousser les 6/49!». Et comme miss caissière 2008 est ici pour payer ses études, elle s’empêche de lui répondre C’est toi que je pousserais en bas d’un pont, mon gros grelot. Et n’espère pas qu’un jour je vais comprendre 69 à la place de 6/49, vieux débris.
J’aurais probablement mieux réagi si le client avant moi, un gros pouf à tête grise, n’avais pas monopolisé la place pendant une éternité et demie pour 1) vérifier ses billets de loterie 2) acheter d’autres billets de loterie avec ses «gains». Honnêtement, si Ivan Pavlov voulait étudier les réflexes conditionnés de nos jours, il laisserait tomber les chiens et prendrait une valideuse de loto-québec. Vous savez? Avec la petite musique tou…li-dou. Ouaf! Ouaf! Acheter des billets! Ouaf! Ouaf!
Boy. En plus, le «joueur» semble avoir une méchante recette:
«M’a prend’ une Poule, deux Bingo pis une Roue d’Fortune»
Le zombie gratte machinalement sur le comptoir. Gagne deux piasses.
«M’a prend’ un Dindon pis une Roue d’Bécique»
HEY! Pépé! Prends donc LA PORTE! Me semble qu’avec le peu de jours d’années qu’il te reste à vivre, j’irais jouer dehors! T’as pas des pigeons à nourrir, n’importe quoi? Argh! Moi, ma bière, euh, mon pain réchauffe, pendant ce temps-là. J’en suis à me demander si on risque la prison pour avoir mise un vieillard dehors en le soulevant par le fond de culottes.
Remarquez, je réagis peut-être un peu fort parce que la loterie, moi, en un mot: beuaf. Je n’ai aucune idée si c’est vrai, mais on dit qu’on a plus de chance de se faire frapper par la foudre que de gagner au loto 6/49. Mais au moins, avec la foudre, on a un peu de contrôle! Si je voulais vraiment me faire frire la tête, j’attendrais une journée d’orage, puis je me rendrais au sommet d’une colline avec un parapluie, un baton de golf et un cd, non, la collection complète de Céline Dion. Si avec ça Dieu ne me crame pas big time, c’est que j’ai mal compris un truc.
Mais avec la loterie? Chances de gagner: beuaf. Chances de gonfler les coffres de l’état pour payer le salaire de mon député de merde? Wow, je ne sais pas compter si haut.
C’est un peu comme à l’épicerie. Je compte devenir riche en vendant des macaron inscrits
Non, je n’ai pas de crisse de tabarnaque de viarge de carte Airmarde! |
Au dos, je pourrais écrire: au lieu de tenter de me faire des cadeau avec mon propre argent, redonnez-moi donc le fric que vous passez en promotions mongoles, vous allez voir que des kodaks cheapos et des lecteur DVD taiwanais, je vais m’en ramasser ASSEZ VITE!
Ça y est. La date d’expiration de mon… pain vient de passer.
Pffshouit!

