Le chant des Bobettes
Voici vraiment un titre digne d’une pièce de théâtre néo-granola. Mais ce sera pour un autre fois. Aujourd’hui, parlons de bobettes.
Au Québec, les bobettes désignent ce qu’ailleurs dans la francophonie on nomme slip. Je ne vais pas mettre une photo, si vous ne visualisez pas le truc, on a un problème. Peu importe le nom, ça veut dire: change-les tous les jours si tu veut garder tes amis. Ou encore: portes-en si tu ne veux pas te ramasser la poche par terre à soixante ans.
Un sous-vêtement, donc.
Ainsi informés, on comprend mieux le peu de succès au Québec de ce groupe rétro nommé… The Bobbettes. Un nom de groupe comme ça, ça nuit aux relations.

« Hé, Louise, tu veux venir à la maison? J’ai acheté les Bobbettes!
— Hein?
— Viens, tu vas adorer le son.
— Le son… de tes bobettes?
— Ce mois-ci, je n’écoute que ça.
— Tu es en train de me dire que tu passes tes soirées à écouter des bobettes? Ça va, Germain? T’es sûr?
— Ne fais pas ta bouchée, Louise, il y a autre chose dans la vie qu’Elvis.
— Je veux bien, mais quand même, je pense que tu fais une fixation.
— Fixation, fixation, ce n’est pas parce que j’ai accroché la pochette sur mon mur que je fais une fixation!
— T’as accroché une pochette de bobettes sur ton mur? Bon ça y est, moi je fous le camp.
— C’est une question de couleur, hein?
— Quoi?
— J’aurais dû m’en douter, venant de toi. Tu ne peux pas supporter qu’elles soient noires, c’est ça?
— En ce moment, la couleur de tes bobettes est la dernière chose sur terre qui m’importe. Moi je me taille.
— Douze pouces, la taille du long jeu. Tu voulais savoir sa taille?
— Mais t’es obsédé! Garde ton… long jeu… dans tes bobettes, merci beaucoup!
— Pfff! T’es vraiment conne. C’est bien, je rentre me mettre The Bobbettes tout seul.
— J’espère bien.»








